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Le 14 août 1944 : Le 121e régiment d’infanterie U.S. libère Dinard

Mis à jour : 14 août 2019

Le 14 août 1944, au petit jour, deux régiments d’infanterie américains se préparent à l’assaut final de la partie ouest de la forteresse de Saint-Malo, correspondant à la rive gauche de la Rance. Après de rudes combats sur la ligne de défense allemande en limite sud de Pleurtuit, entre le 7 et le 13 aout, il n’y a plus d’obstacles majeurs à la progression des troupes américaines.

À l’ouest le 331ème R.I., de la 83e division d’infanterie*, avec en soutien le 2e bataillon du 330e R.I., a la charge de prendre la partie Est de Saint-Lunaire (3e bataillon auquel il manque une compagnie de combat sur les 3 qu’il possède organiquement), Saint-Briac (2e bataillon) et le point fortifié de la Garde Guérin (1er Bataillon)[1].

À l’est, la conquête de Dinard est laissé au 121e R.I. de la 8e division d’infanterie qui en à la mission depuis … le 6 août mais qui s’est fait « étrillé » sur la ligne de défense au sud de Pleurtuit : Le 2e bataillon, la partie est de la ville, en direction du Moulinet et de la plage de l’Écluse (à l’époque il y a très peu d’habitations au-delà du prieuré vers la Vicomté**) ; le 1er bataillon est chargé de la zone de Saint-Énogat ; le 3e bataillon qui est resté encerclé pendant 4 jours et qui a eu de nombreuses pertes est prêt à les soutenir à partir des entrées de Dinard[2], les bataillons de premières lignes qui en auraient besoin. La même mission au profit du 331e R.I. est prévue pour le 2e bataillon du 330e R.I., qui, lui, aussi a essuyé des pertes importantes lors de la prise de ma Montagne Saint-Joseph à Saint-Malo du 8 au 10 août. Il lui manque ¼ de ses effectifs.

Vers 9h du matin, les soldats du 121e R.I. débutent leur marche d’approche à partir des sorties nord de Pleurtuit, alors que l’artillerie tire sur Dinard mettant le feu au centre-ville.

Vers 10h30, les premiers éléments américains sont signalés près de la caserne de la garde mobile à Saint-Alexandre, en particulier au bunker hôpital construit par les Allemands au « Champ Picou », en bordure du boulevard du Villou actuel.

Si le 1er bataillon ne rencontre pas trop d’opposition et atteint les plages vers 15h, le 2e bataillon va trouver quelques résistances au niveau de la batterie de la Ville-es-Meunier et à la Villa Nahan où se situe un état-major. Les points sont protégés par des mines et des blindés de soutien d’infanterie (2 épaves de chars, une à la Saudrais, l'autre à la Ville Mauny, resteront près de 2,5 ans)[3].

Vers 17h, Dinard est dans l’ensemble libérée. Il y a eu peu de combat de rue, les Allemands s’étant repliés en direction de la Garde Guérin sur la commune de Saint-Briac, en particulier le colonel Bacherer responsable de la Défense qui se rendra le 15 août après-midi. Néanmoins des escarmouches sérieuses vont avoir lieu près de l'hôtel Michelet où a été installée une position importante allemande. Seule la pointe du Moulinet n’est pas occupée le 14 au soir.

Le maire Doury écrit à sa fille concernant cette journée :

« samedi 14 août – journée tragique mais aussi journée glorieuse de la libération …. Tandis que commence la lutte contre le feu, on voit arriver les soldats américains, se postant au coin de chaque rue, je me porte au devant d’eux pour les recevoir et leur souhaiter la bienvenue. Je me fais accompagner de Mme de la Metterie qui étant américaine a son franc parler avec eux et me présente à l’officier. »


En début de journée, le 15 août, le 2e bataillon du 330e R.I., qui soutenait le 331e R.I., quitte ce régiment et va remplacer le 2e bataillon du 121e R.I. au centre de Dinard, et le 3e bataillon du 331e va remplacer le 1er bataillon du 121e R.I. à l’ouest de la commune. Ce régiment va être désengagé le 15 en fin de journée pour réintégrer sa division, la 8e, qui combat du côté de Brest, après s’être reconditionné et avoir été recomplété en personnel près de Dinan.


Contrairement à ce que dit l’histoire « officielle » racontée lors de la commémoration de la libération, le 2e bataillon du 330e R.I. n’a pas libéré Dinard mais il sera présent lorsque la pointe du Moulinet, dernier point occupé par les Allemands, se rendra dans la soirée du 15 août, après la réddition de leur chef à Saint-Briac. Il restera sur la commune jusqu’au 3 septembre 1944, avant de partir pour Angers rejoindre le reste de la 83e D.I.U.S..


@PG35800


[1] Journal de marche et des opérations (J.M.O.) du 331e R.I.U.S.

[2] J.M.O. du 121e R.I.U.S.

[3] Archives municipales, 4H33.


* : dans l’armée US : une division d'infanterie c'est 3 régiments, et à peu près 14 000 hommes, un régiment (3 bataillons), environ 3000 soldats, un bataillon, 800 ; les compagnies ne sont pas identifiées par des numéros mais par des lettres. A, B, C, D pour le premier bataillon, E, F, G, H pour le 2ème bataillon, I, K, L, et M pour le 3ème bataillon. Les trois premières de chaque bataillon sont des compagnies d’infanterie, les quatrièmes sont des compagnies d’appui : mitrailleuses lourdes, mortiers, canons antichars.

** : à la Vicomté, on trouvait les aviateurs de l'aérodrome (casino de la Vicomté), partis à la mi-juin, un dépôt de nourriture (farine en particulier au manoir de la Vicomté) qui sera attaqué par les résistants dinardais le 4 août (2 Allemands tués) ce qui va conduire à l'arrestation de 20 otages, dont le maire, libérés assez rapidement ; et la position fortifiée de la pointe de la Vicomté, qui a dû se rendre à la résistance le 14 août après-midi.

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