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  • pmguichard

L'ONF et les arbres du boulevard Féart


L’abattage des arbres du boulevard Féart dans le cadre de sa rénovation a fait couler beaucoup d’encre. À défaut de voir un argumentaire sérieux des opposants, je me suis plongé dans le « diagnostic arboricole » réalisé en liaison avec l’office national des forêts (ONF). Il étudie 30 arbres répartis dans différents lieux de la commune (Port Breton, parc des Tourelles, …) dont 5 sur le boulevard. Il ne s’agit donc pas d’une étude spécifique en liaison avec les travaux prévus.


Il y est écrit, concernant Féart :

«

PARTIE AÉRIENNE

Nous avons pu constater que l’alignement présente une certaine harmonie, avec des arbres traités en taille architecturée sous forme de rideaux.

Cette taille nous semble parfaitement adaptée du fait de l’étroitesse de cette rue et de la forte fréquentation routière.


PARTIE SOUTERRAINE

Nous avons pu constater que chaque arbre disposait d’une faible surface de terre nue à sa base. Il est probable que les fosses de plantation soient également de taille réduite. Par ailleurs, du fait de la circulation des véhicules à proximité immédiate des arbres, il est à craindre que le sol autour de chaque sujet soit en partie tassé.

Il est donc nécessaire que l’on pratique une taille forte sur chacun de ces arbres afin d’en limiter le volume aérien et permettre ainsi un équilibre entre les parties aériennes et souterraines. La taille réalisée actuellement correspond bien à ce besoin.


GESTION DU STATIONNEMENT

Le long de ce boulevard, la fréquentation est élevée et les places de stationnement sont très prisées.

Les places de stationnement sont proches des arbres et aucun dispositif de protection des troncs n’est présent.

Cela se traduit sur de nombreux arbres par la formation de blessures qui ne peuvent se recouvrir du fait des chocs successifs (voir la photographie ci-dessous).

La délimitation précise des places de stationnement et la mise en place de dispositif de protection de la base des arbres est un élément nécessaire à une bonne gestion de cet alignement.


GESTION SANITAIRE

Nous avons observé sur 2 arbres ayant bénéficié de notre diagnostic, la présence de chancre à faciès non régressif.

Ces arbres sont proposés à l’abattage afin de ne pas contaminer leurs voisins.

Nous avons jugé, en effet, élevé le risque de transmission aux autres arbres de l’alignement du fait des blessures provoquées régulièrement par les chocs des véhicules sur la base des arbres.

Un inventaire / diagnostic de l’ensemble des arbres de l’alignement permettrait d’en savoir plus sur l’état sanitaire général de l’alignement.


PROJET DE REFONTE DES RÉSEAUX SOUTERRAINS

Les Services Techniques nous ont transmis un plan des réseaux souterrains afin de déterminer l’impact que pourraient avoir des travaux de rénovation sur les arbres.

D’après les documents qui nous ont été transmis, les réseaux souterrains ont été à plusieurs reprises endommagés par le développement racinaire de certains sujets. Ce phénomène est fréquent lorsque la place laissée aux arbres n’est pas suffisante pour assurer leur bon développement.

….

Par ailleurs, nous considérons qu’il est préférable qu’aucun réseau ne traverse l’assise du plateau racinaire d’ancrage de l’un des arbres du boulevard au risque de provoquer des dégâts irréversibles avec des risques de ruptures ou de mortalité associées... À savoir que cette assise ne correspond pas au volume de sol prospecté par les racines d’un arbre mais à la partie du sol sur lequel repose le poids de l’arbre.


REPENSER LA PLACE DE L’ARBRE

D’évidence la place de l’arbre le long du boulevard Féart au regard de l’activité humaine n’a pas été suffisamment anticipée lors de la création de ce double alignement de tilleuls.

Même si le traitement en taille architecturée de ce dernier est adapté à la situation, la pression humaine reste forte, voire excessive : Il peut paraître nécessaire de repenser la place de l’arbre.

Les arbres sont des organismes sociaux.

Permettre une continuité entre les fosses de plantation de sorte que chaque sujet puisse entrer en contact racinaire avec son voisin (si ce n’est directement au moins par l’intermédiaire des mycorhizes) est la garantie d’un alignement de qualité respectueux de la biologie et de la physiologie des arbres et respectueux de la vie du sol.

Actuellement, il est difficile de connaître les connexions susceptibles d’exister entre les sujets du patrimoine arboré existant. Le probable tassement des sols alentours n’est pas apte à les favoriser. En cas de projet de rénovation, nous invitons la commune à réfléchir aux nouvelles techniques de plantation visant à permettre ces interactions. »


Mon appréciation:

1 – Le rédacteur est allé très loin dans ses conclusions et il faut saluer son « courage ». C’est assez rare dans un « audit » pour être signalé ;

2 – Au regard des annonces faites par des opposants, l’entretien de ces tilleuls a été réalisé conformément aux règles de l’art. Il n’y a donc aucune raison de laisser penser qu’ailleurs, sur d'autres arbres, le travail serait mal fait ;

3 - Néanmoins, et face aux polémiques concernant l’abattage des arbres du boulevard Féart, ce rapport souffre dans sa démarche scientifique de deux faiblesses :

* Seuls 5 arbres du boulevard ont été contrôlés. Sur 146, l’échantillonnage (3,5 %) est un peu faible. Il faut dire aussi que le rapport traite d’autres lieux ;

* Le choix de ces 5 arbres : le rapport précise qu'il a été réalisé par un des responsables de la commune. Sur quels critères ? Rien n’est indiqué, ce qui laisse la porte ouverte aux suspicions.

4 - Suite à ces deux remarques, annoncer que 40 % des arbres (2/5) auraient nécessité le même traitement est un pas que je ne franchis pas. D’ailleurs le rédacteur a pris ses distances face à ce raccourci dans la partie « gestion sanitaire ». Néanmoins, il reconnaît les limites du « bien-être » de ces arbres étant donné la configuration de la rue et des futurs travaux. Il fallait refaire le boulevard et au regard de l’importance de cet axe, du temps nécessaire et disponible pour la rénovation, il paraissait difficile de les conserver ;

5 – annoncer en conseil municipal que chaque arbre géré par la commune aura son contrôle me paraît bien présomptueux, face à leur nombre et au coût de la réalisation de ces diagnostics, d’autant plus qu'elle n’a pas été capable de le faire pour les 146 abattus !


@PG35800

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